Michael van der Aa © Marco Borggreve

Michel van der Aa

« composer-in-residence »

Compositeur, réalisateur et metteur en scène, le Néerlandais Michel van der Aa est un artiste merveilleusement polyvalent qui renouvelle le théâtre musical avec les technologies dernier cri. Mais sans renoncer à l’émotion, bien au contraire.

Pour Michel van der Aa, qui crée de la musique et des images numériques, les relie à ce qui se passe réellement sur scène et en tire des perspectives de récit et des types de représentation d’un genre nouveau, les possibilités offertes par le virtuel sont autant de trésors qui enflamment son imagination et lui inspirent des oeuvres d’art total où s’échafaudent, avec des jeux de miroir, d’étonnantes strates narratives. Parmi les oeuvres qu’il présentera au festival d’été, où il sera compositeur en résidence, figure l’opéra de chambre 3D Blank Out, donné en création mondiale en mars 2016 à Amsterdam. Le livret, dont il est lui-même l’auteur, tire sa substance de la vie de l’écrivaine sud-africaine Ingrid Jonker et de certains de ses textes. Suivant deux perspectives narratives différentes est évoquée une relation entre une mère et un fils, deux personnages traumatisés par une noyade accidentelle. En se souvenant de cet événement tragique, ils reconstruisent des parts importantes de leur identité.

Dans le deuxième ouvrage que Michel van der Aa présentera au LUCERNE FESTIVAL,
The Book of Disquiet, le jeu de doubles entre réalité scénique et virtualité filmique est également essentiel. Cet ouvrage s’inspire du célèbre Livre de l’intranquillité de Fernando Pessoa, recueil de fragments en prose au centre duquel figure un double de l’auteur, le modeste employé de bureau Bernardo Soares, dont les observations, les réflexions et les méditations (fictives) s’inscrivent dans un jeu d’identités où son moi se décompose de manière prismatique. 

On assiste ainsi à un jeu d’alternance entre la réalité et le rêve, comme dans le concerto pour violoncelle Up-close de Michel van der Aa que l’« artiste étoile » Jay Campbell fera entendre dans la série « 40min ». Pas besoin non plus de chef d’orchestre dans cette partition où les musiciens suivent un film qui renvoie au (jeune) soliste l’image d’un (vieux) double, et où naît un dialogue touchant entre les deux protagonistes.

Le théâtre musical hybride de Michel van der Aa ne regorge pas simplement d’histoires fatales, il séduit par une technique souveraine et une structure claire. Tout ici est unitaire, tout est réalisé avec maîtrise, tout sert un seul but : faire du théâtre et de la poésie. Comme dans n’importe quel art qui se respecte, il reste une part de mystère – de même que dans l’identité d’un individu.

Concerts avec Michel van der Aa