
24 mars - 1 avril 2012
Le triomphe de la musique sur l’éphémère
L’année peut difficilement commencer plus brillamment. C’est dans un do majeur radieux que commence le LUCERNE FESTIVAL à Pâques, avec la Symphonie «Linz» de Mozart et la Deuxième de Schumann – et avec, en primeur à Lucerne, Claudio Abbado dirigeant «son» extraordinaire Orchestre Mozart de Bologne. Mozart est aussi présent avec son poignant Requiem que le King’s Consort britannique confronte à une Messe de requiem moins connue de Michael Haydn. Et c’est encore Mozart qui aura le dernier mot lorsque Maria João Pires, grande dame portugaise du piano, interprétera pour le final du Festival le Concerto en ré mineur KV 466, alliant la profondeur à la simplicité.
Mais avant cela, bien d’autres découvertes vous attendent: Nikolaus Harnoncourt, le Concentus Musicus de Vienne et une foule de solistes de premier plan se consacrent à la musique sacrée du Haendel de la période romaine, face au lumineux Magnificat de Bach, tandis que le Hilliard Ensemble s’élève au paradis musical des polyphonies vocales de Tomás Luis de Victoria et Giovanni Pierluigi da Palestrina.
Pâques sera aussi l’occasion de voir András Schiff au pupitre: avec la Cappella Andrea Barca et une brochette de solistes remarquables, il nous ouvre la Messe en si mineur de Bach, véritable sommet de la musique chorale. C’est dans un tout autre registre de musique sacrée que Mariss Jansons et l’Orchestre symphonique de la Radio bavaroise feront retentir, dans le cadre de leur résidence de Pâques, la «Messe glagolitique» de Janácek, qui remplace la liturgie en latin par des textes en slavon. Et chez Bruckner, dont Bernard Haitink dirige la Quatrième Symphonie, on ne sait jamais exactement où se situent les frontières du sacré. Lucerne n’est-il pas un lieu de prédilection pour se mettre au diapason de Pâques?
Informations sur le festival